Ce qui est emmerdant dans les festivals off, ce ne sont pas les initiatives qu'elles viennent des organisateurs ou des compagnies, ce sont les sélections. Si elles se font pour le bon déroulement du festival, ça peut passer. Si c'est pour te faire pointer à cause des critères dont on n'a souvent que peu de détails, là ça me fait chier. Tu viens te rôder, tu viens partager, tu viens tenter et tu te fais refouler parce que t'es pas comme ci ou trop comme ça. Quand tu es au chapeau, à tes frais, à ta bonne volonté, c'est quand même un peu fort qu'on te laisse pas faire ton spectacle puisque tu es là pour t'essayer.
Sinon, oui, ça peut profiter à tout le monde... hein Laurent qu'on rigole bien même si on n'est pas payés cher ! Bon, moi aussi, j'en ai marre d'être payée pas cher !!! Je veux pas être payée cher, je veux être payée tout court, normal, sans les plombes de négoc'. On négocie rien comme ça. Ni les dentistes, ni les mécanos, ni les tapis, ni rien, sauf les spectacles.
Et à propos du circuit des festivals... Je trouve bien les festivals faits pour les habitants du lieu où il se situe, que ça fasse venir du monde alentour. Quand le public peut voir les spectacles, pas y courir, zapper et frénétiquement sprinter au suivant. Je suis emmerdée avec la consommation du spectacle et du reste qui se fait dans les festivals.
Je les trouve moins bien quand une ville est prise d’assaut par des cultureux au discours pompeux et qu'ils profitent qu'aux lecteurs de télérama.
Et si on parlait de ça aux débats qui vont venir à Marseille ?... entre cultureux... qu'en dis-tu l'ami Driss ? On invite Boueb pour donner espoir dans l'union qui fait la force...
Et sinon, par les temps qui sprintent, j'ai l'honneur de vous présenter Le Cri de Zaza, service de cri public.
Laurent, je te bise.
Boueb, je t'embrasse.
Les autres, pas.
Salularue !
Sur cette liste, avec les collègues, avec les compagnies amies ou locales, avec la Fédé Breizh, et avec d'autres utopistes réalistes, nous ressassons sans cesse les mêmes problèmes auxquels nous répondons souvenat par des excuses et des conjonctures, et presque jamais par des solutions. Une idée germe à chaque saison, mais sommeille ensuite parce que l'urgence et la survie ne laisse que peu de temps au jardinage.
Nous constatons :
- que nous passons beaucoup de temps et/ou d'argent pour trouver des dates.
- que le développement d'une diffusion s'apparente de plus en plus à de la communication commerciale, de la force de vente et des offres promotionnelles (mailing, phoning, visibilité en off ou en forum, drague au bar à champagne, label de qualité...).
- que faire la queue sur la longue liste des programmateurs qui deviennent des sélectionneurs trop sollicités met les compagnies en position de demandeur soumis qui ouvre des portes à une multitude de compromis.
- que nous ne "tournons" pas, mais que nous faisons des aller-retours et donc une circulation en étoile.
- que nous passons notre temps sur les routes. (bénévolement, en contradiction avec les conventions collectives)
- que les budgets "transport" sont exorbitants, bien que ric-rac, et profitent aux géants du pétrole et un peu aux pompistes.
- que nous sommes capables de sortir entre 500 et 5000€ pour se montrer à Chalon ou Aurillac, et/ou de travailler une semaine gratis, pour trouver des dates ou roder un spectacle.
- que les conseils généraux et régionaux, et d'autres collectivités, nous demandent une plus forte implication sur nos territoires et auprès de leurs habitants, alors que nous passons notre temps au bureau et en répet' pour aller jouer ailleurs.
- qu'un spectacle ne se rode et ne se bonifie qu'en jouant.
- qu'être rodé, que jouer et qu'être meilleur sont les conditions d'une bonne circulation d'un spectacle.
- que rien n'arrête un intermittent, tant qu'il est indemnisé, il bossera modestement 2000 heures dans l'année pour être payé 507 en 10 mois, bref qu'investir dans le précaire c'est toujours (et de plus en plus rentable).
...
Nous pensons :
- qu'un groupe de 5 Cies, c'est déjà un réseau.
- que chacun trouve 5, 10 ou 15 milles euros boules auprès des collectivités est un travail plus constructif que d'essayer de parler à Patrice Papelard (c'est un exemple, pas un bouc émissaire).
- qu'avec ces budgets (mis en commun ?!) chacun peut inviter les 4 autres compagnies à jouer leur(s) spectacle(s) sur leur événement, plus ou moins à hauteur d'un coût plateau (en fonction de la grosseur des spectacles et des équipes).
- que les chapeaux (et/ou les entrées), la vente d'objet en tout genre, la buvette et la restauration sont des recettes conséquentes.
- que ça fait déjà entre 5 et 10 représentations pour chacune des compagnies.
- qu'à force de bourlinguer, de gérer des lieux collectifs et/ou d'organiser des événements, on a une idée de ce qui est bon dans une rencontre entre des gens et des propositions artistiques.
- que plusieurs petits réseaux de cette sorte qui travaillent ensemble, c'est un gros réseau, et c'est la possibilité de circuler et d'échanger de régions en régions.
- que nous aimons rencontrer des gens et découvrir leurs initiatives, nous entraider, et pas seulement faire "une bonne prestation" et rentrer à la maison.
- que le problème n'est pas une surproduction de sous-qualité, mais plutôt d'une sous-diffusion et d'un manque de coopération artistique exigeante et bienveillante.
- que le défis de mettre en place le 1% goudron (100€ investit dans la voirie = 1€ investit dans l'action artistique de rue) permet de relever l'enjeu des 36000 communes (36 dates minimum pour 1000 compagnies !)
...
Ces constats, arguments et pistes sont à compléter.
Nous on commence demain et vous !?
Rhû !
Bouèb
les grands moyens
PS : je suis vert, j'ai effacé mon premier jet de liste sans garder de brouillon, j'ai perdu 20 minutes en plus des 15 que j'y avais précédemment consacré, je n'ai pas retrouvé les formulation et les flèches lancées au premier coup. Et maintenant je file emmener le moins grand de mes fils à son cours de roller.
Le 30/01/2013 11:35, François Mary a écrit :
Dans le même genre, je viens d’être contacté par une radio pour savoir si la fanfare avec qui je travaille souhaite jouer pour aller réveiller un employé de Castorama chez lui, l’accompagner en jouant à son travail, et jouer dans le magasin pour les employés à son arrivée. Tout ça avec comme salaire de la com., c’est-à-dire un passage sur une radio privée, RTL il me semble, et une audience promise d’un million d’auditeurs. Pas de cachets, défraiement à voir ? Comme argument : d’autres ont déjà accepté. Je vous laisse deviner ma réponse.
Ces propositions sous forme de loterie ressemble plus à la roulette russe.
Bonne journée à tous,
François