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RE: [rue] salauds de pauvres


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  • From: François Mary < >
  • To: < >, < >
  • Subject: RE: [rue] salauds de pauvres
  • Date: Sun, 25 Nov 2018 19:17:00 +0100

Title: Gilets jaunes et passoires thermiques

Merci Audrey pour les questionnements et les réflexions que tu exprimes. Avant qu’il démarre, j’ai aussi pris ce mouvement pour une basique grogne d’automobilistes. Et je m’aperçois qu’il révèle beaucoup plus que ça. J’y vois la révolte des perdants des politiques publiques et des choix économiques, sociaux et fiscaux.

 

Au-delà de l’avis que chacun se fait, des articles et des émissions fleurissent au fur et à mesure que le mouvement avance. Parmi ceux-ci voici « la dérangeante odeur du pauvre «   http://www.vududroit.com/category/culture/

 

Et également l’interview de François Ruffin hier à l’émeute parisienne :

https://www.facebook.com/RevolutionPermanente.fr/videos/564410927320254/UzpfSTEyOTUyNTEzNzk6MTAyMTgxNzI4MTAzNzM4MDM/

 

A suivre, bien à toi,

François

 

 

   

  

 

 

De : [mailto: ] De la part de Korneil ( via rue Mailing List)
Envoyé : dimanche 25 novembre 2018 11:20
À :
Objet : [rue] GJ - Débat.

 

Bon matin!

 

Je suis à la fois le fil "Fièvre jaune et passoire politique", "le texte de F. Lepage" et "La perfection au masculin" qui rassemblent pour l'instant le "débat de la liste rue" sur les GJ.

Je suis en atelier depuis 2 semaines. Enfermée dans un rythme "bullaire", en liaison sur le sujet via les médias d'info en continu... et autres sources (heureusement!!!). J'ai passé tous les états. Samedi je pestais dès le matin, glacée par le décès de cette dame (en commençant à me dire - "merde, on aurait du être là pour coordonner")

On?

Les "gens de gauche", les syndicats, les militants... ceux qui bouffent pas de la lacrymo pour la 1ere fois. Et j'ai entendu la condescendance de ma réaction aussi...

paradoxe

J'ai ris devant les premières prises de paroles des GJ, parce que franchement, y'en a c'est du lourd!!! (y'a eu un intermittent d'ailleurs... ça a fait mal, mais bon)... Un soir, c'est un fonctionnaire qui prenait la parole; et le journaliste lui reprochait d'avoir un discours trop construit... mais que j'ai ri...  et encore là, j'ai repris en boomerang le caractère méprisant de cette réaction...

 

 

Les GJ sont passés au second plan au fil de mes coups de pinceaux... qui suis je dans ce moment? Moi qui me suis battue, me bat et me battrai encore demain pour la justice sociale? Pour la 1ere fois, je suis bousculée dans ma position d' "opposition" dans l'échiquier de la revendication face au pouvoir et me surprend à me questionner sur la légitimité d'une révolte sous prétexte de :

- réalité ou risque d'infiltration FN & DLF

- manque de clarté de revendication

- manque de crédibilité dans l'organisation... pas de porte parole... blablabla...

 

Qui suis je pour "noter" une révolte?: après This is the Voice / This is the Job... je fais This is the Riot...

???

Combien de fois nous sommes nous dit en AG: "On va occuper!" " attend, il nous faut un discours clair", "non, on attend pas, on y va! On sait pourquoi on est là" et on y va, et le propos s'affine en parallèle... Nous même nous lançons des luttes, des actions de cette manière là...

Ou est le socle de base: "toute révolte sociale est légitime", qui en temps normal nous provoque à tous la même réaction: un espèce de "mmmoui oui bien surmmm" appuyant avec nonchalence l'évidence de la remarque ...

J'ai la désagréable impression de faire partie des "Marie-Antoinette"...

 

Et c'est passionnant!

 

Car, si on y réfléchit bien: est ce qu'on est bien sûr que quand nous descendons dans la rue, nous sommes tous du même "bord"? On ne peut pas le dire, on ne peut pas en être sûr ...

En Midi-Pyrénées, on a subi en 2015 une vague de contrôle pole emploi sans précédent. 188 contrôles en quelques mois, et seule la CIP s'est bougée. Au final on a traité 120 cas (sur 188 c'est pas mal quand même!!!). Et en novembre 2018, c'est pas fini pour quelques un-e-s. J'en tire 2 choses:

- Pas mal d'intermittent-e-s sont "aux fraises" sur leurs droits, sur les annexes, sur les pratiques d'emploi... sur le Code du travail!!!... c'est pas normal que ces travailleurs s'intéressent si peu aux règles de base...  ( à bon entendeur... ;P)

- Tout le monde ne pense pas comme moi!!! Ce régime d'indemnisation n'a rien à voir avec nos idées respectives!!! (je l'ai pas découvert, mais je l'ai confirmé!!)

Mais sur le moment, j'ai fait abstraction bien entendu...

J'avais devant moi des gens aux abois, pris à la gorge, tout d'un coup sans ressource, avec des gosses derrière, des factures, des logements ..., une suspicion systématique, des accusations sans fondement qui désespèrent au fil des jours, un harcèlement administratif qui rend fou (... j'ai souvenir de quelques personnes ou tu les regarde partir et tu te dis... putain, il/elle est à bout, il/elle est en train de péter les plombs, il/elle va faire "une connerie"... et en accompagner certains de plus près pour t'assurer qu'ils ne basculent pas ... l'air de rien...) bref, je pouvais pas, au nom de mes idées, ne pas venir en aide à ces personnes, je ne pouvais pas considérer sa lutte administrative, la défense de ses droits légitime ou illégitime suivant leurs idées...

 

Et là, selon moi, il se passe la même chose.

 

Et pendant ce temps chez le GJ la semaine avance: ça s'organise, ça débat, les actions se dirigent (vers l'économie), le discours se construit...

L'appel de Saint Nazaire est magnifique.

Sur le terrain (pas partout en France, certes) les "fachos" se font calmer, parfois dégager des blocages... parce que, évidemment, si on veut pas de fachos, ben il faut y aller et les virer... enfin ça reste la meilleure méthode, je pense.

J'idéalise pas non plus... le mouvement ne sent pas l’extrême gauche. Et c'est pas des pros de la manif... Cela dit en cumulé, l'impact en est notable et largement respectable! Les cibles sont bien choisies, elles ont du sens. Ces GJ arrivent à réaliser un blocage et un soulèvement que bien des syndicats & autres mouvements n'arrivent plus à coordonner depuis bien longtemps...

On est à -50% pour la grande distribution sur la semaine... Vinci j'ai pas les chiffres, mais pareil... ça passe gratos depuis une semaine!!!

pas mal quand même!!! Ca tape au porte feuille, ce sont eux qui mettent Macron et le gouvernement sous pression!!!

Alors, qui suis je face à ça?

 

Et à l'horizon de mai 2019, 2020, 2022?

Qui suis je?

 

Que suis je en train de laisser faire, sous mes yeux, alors que je sais que la conséquence politique se fera sentir dans les urnes avec un 1er round dans 6 mois seulement...?

Pour moi, il faudrait que l'on y soit. La Culture.

Et qui plus est, La Rue.

 

Ces gens là (qui ne sont pas tous de droite forcément) ont des gosses, des maris & femmes, des frères et sœurs qui subissent la même précarité que le spectacle (alternance travail chômage).

Il existe des dénominateurs communs. Partons de là.

Sur quel socle social souhaitons nous nous appuyer? (on aura le temps de s'engueuler sur le terrain des idées, mais encore faut il que tout le monde bouffe...)

A la CIP, nous avons comme slogan "ce que nous défendons, nous le défendons pour tou-te-s".

Et nous proposons un nouveau modèle (en pj).

 

Devons-nous le garder jalousement parce que Ces gens là ne nous conviennent pas d'un premier abord?

Les négociations chômage ont repris, et sont envisagées comme étant éclair: il est prévu une négo jusqu'en janvier 2019!!!

Elles dépassent la question de l'intermittence du spectacle; l'intermittence du travail est aujourd'hui généralisée... C'est pour ça que nous devrions y être et parler avec ces autres intermittents, parlons ensemble de la précarité...

 

 

Parce que en restant sur le banc de touche, on regarde le match se faire sans nous. (attention la phrase!!!:))

Et cette fois ci, on sait que ce match a des conséquences politiques lourdes. On le sait déjà. Aujourd'hui.

Alors que devons nous faire?

Nous qui sommes déjà des "pieds sales", on pourrai pas se remonter les manches et se salir les mains un peu?

Parce que l'étape d'après pour nous tous, et peu importe la couleur du gilet, c'est d'avoir de la merde jusqu'au cou!

 

 

 

Bonne lecture,

Bonne journée!

 

Audrey

CIP Midi-Pyrénées, CGT Spectacle - mais je parle a titre personnel ici.

 

 

 

 

Le 24/11/2018 à 07:47, francoismary a écrit :

Du gaz lacrymogène naturel et des coups de matraque en matières recyclées seraient en effet l'affichage d'une volonté politique de transition écologique. 

 

Exigeons une police eco-responsable,

 

Bonne manif.

François

 

 

 

 

En associant jaune et bleu, et en mixant bien, ça fait du vert en principe.

 

Philippe Violanti

 

 

Le 22 nov. 2018 à 22:41, francoismary a écrit :



Un mouvement de colère qui se dit apolitique contre un gouvernement qui se veut ni de droite, ni de gauche.

 

Les jaunes contre les bleus, ou l'inverse, dans les rues de Paris et d'ailleurs samedi.

 

Bien à vous,

François

 

 

 

-------- Message d'origine --------

Date : 21/11/2018 17:05 (GMT+01:00)

Objet : [rue] Fwd: Gilets jaunes et passoires thermiques

 

Je sais que le mouvement est composite et la taxe sur le diesel une vaste arnaque d'un gouvernement dont le mépris éclate régulièrement. N'empêche: je crois Schneidermann parfaitement lucide sur le mouvement. Et que la bataille pour le pouvoir d'achat passe par le revenu universel, l'augmentation des salaires et des prestations, plutôt que par les revendications antifiscales.



-------- Message transféré --------

Sujet :

Gilets jaunes et passoires thermiques

Date :

Mon, 19 Nov 2018 09:16:01 +0000

De :

Daniel Schneidermann < >

Répondre à :

Daniel Schneidermann < >

Pour :




 

19/11/18

Gilets jaunes et passoires thermiques

 

 

 

 

C'est bon, de voir la télé faire les yeux doux à un mouvement social. Elle était tout en jaune, la télé, samedi. Et toute en empathie pour les "gilets jaunes" bloqueurs de routes, vers qui tous les micros étaient exclusivement tendus (on le sait, on était là). Pas question de "preneurs d'otages" dans les commentaires, mais des manifestations "bon enfant".  "Bon enfant" ? Ce n'est pourtant pas l'impression que donnaient les images de manifestants, tapant sur les voitures des automobilistes qui tentaient, sans ménagements eux non plus, de franchir leurs barrages. Ni celle que suggère le bilan particulièrement lourd (un mort, quatre cent blessés, dont 14 gravement). Mais voilà. Si inhibante est aujourd'hui la culpabilité de "l'élite" (catégorie pouvant se définir en l'occurrence comme tous ceux, journalistes ou assimilés, qui sont épargnés pour des raisons diverses par l'angoisse de la pompe à essence), qu'il semble hors de question de s'interroger sur les contradictions d'un mouvement social. Ou, pour le dire autrement, sa composante réac. Et a fortiori de le soumettre à caricature (même peu finaude). Exemple typique : la censure par Le Monde de ce dessin de Xavier Gorce.

Gilets jaunes                                                       Gorce

dessin de xavier gorce, "refusé" par le monde

Publié par l'auteur sur les réseaux sociauxQuelles que soient les réelles difficultés de vie de ceux qui y ont pris part, le mouvement des Gilets jaunes est intrinsèquement un mouvement de droite.  Non pas en raison des quelques (rares) débordements racistes ou homophobes qui l'ont émaillé, et sur lesquels se sont jetés les agents d'influence macroniens sur les réseaux sociaux. De droite, parce qu'il revendique, non pas une hausse des salaires ou des prestations sociales, mais une diminution des taxes et des impôts, autrement dit des instruments de redistribution, de solidarité, ou de transition énergétique. Ce n'est pas infâmant. La droite populaire est une composante traditionnelle de l'électorat français. Mais pourquoi hésiter à le dire ?A propos de transition énergétique, il faut dire qu'en face, le gouvernement "on maintient le cap" est incompréhensible qui vient, dans le projet de loi de finances 2019, de retirer du crédit d'impôts sur la transition énergétique (CITE) la rénovation des fenêtres. Les données de la question ? Sur 35 millions de logements, la France compte 7,5 millions de "passoires thermiques" (fenêtres à simples vitrages, combles mal isolés, chaudières au fuel). En début d'année, le gouvernement claironnait sa volonté de rénover 500 000 logements par an. Problème : les crédits ont diminué de moitié. Résultat : tous les amendements défendant le retour des fenêtres dans le CITE ont été rejetés en première lecture à l'Assemblée, le ministre de Rugy (qui avait pourtant donné son accord) ayant été recadré par Edouard Philippe. S'il y avait une question à poser hier soir au Premier ministre qui venait sur France 2 chanter la transition énergétique, c'était bien celle-là. Devinez si Delahousse l'a posée...

 

 

 

 

 

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Audrey
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