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Re: [rue] [listenationale] Université buissonnière de Limoges


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  • From: FREDERIC < >
  • To: Natacha Kmarin < >
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  • Subject: Re: [rue] [listenationale] Université buissonnière de Limoges
  • Date: Fri, 15 Feb 2019 10:01:14 +0100

Hello Jacques
moi qui regrettais de ne pas pouvoir venir,
voilà que tu me mets encore plus la salive à la bouche
ma mâchoire en traine par terre
putain de dieu, comme tu dis tuons les mots, les aphorismes, préceptes et sentences, les conduites attendues, 
soyons tous vivants, auteurs, poètes, herbes folles

grand merci pour vos pensées
un oasis au milieu de cet hiver ponctué d’espoir en jaune

amitiés
FRED



Le 15 févr. 2019 à 09:42, Jacques livchine < > a écrit :

Il y a les taiseux, 
il y a les répandeurs, 
il y a les raconteurs, 
les  gros menteurs comme moi 

le matin  si je n’ai rien à raconter, c’est mauvais signe 

Mais ce qui m’intéresse le plus maintenant   dans le théâtre, c’est soulever toutes les pierres où se cachent des tabous, ce qui ne  se dit pas …

être illicite, sur la frontière

premier réflexe :    ceux qui ne sont pas venus. C’est triste.  Cathy par exemple, c’eût été tellement important que tu sois là, et Fred, et Virginie et Anne, et Jean  Sébastien etc
Mais oui tu pouvais pas,  parce que c’est comme si les temps de réflexion,  de remise en question,  étaient moins importants que les rendez- vous quotidiens de la vie,  la glu de la vie.   J’ai rendez vous,  je ne peux pas être là… 

Une université buissonnière ? 
On ne sait plus qui a eu cette idée géniale
C’est ça la rue,  l’intelligence collective
les idées n’appartiennent à personne 
deux jours où tu te nourris de mille pensées  
A l’heure où il faut vraiment  se secouer, réfléchir, 
une petite aristocratie  est en train de se créer  au sein de la rue. 
Nos généraux  ne viennent pas se mêler  aux fantassins. 

Ils z’en ont rien à fiche. Or ils feraient mieux de se méfier. 

Pourquoi ?  Dans tout ce qui s’est dit pendant ces deux jours,  en filigrane , sans que cela soit encore  bien clair, on sentait bien  qu’il fallait mettre du droit  culturel partout surtout dans les gouvernances des festivals et des Cnarep . 

La Fédération a un savoir faire précieux , les apéros, les apérues. Comme on est en nouvelle Aquitaine, Bruno de Beaufort est arrivé avec un millier d’huitres de la Rochelle, incroyable apéro, abondance des mets, des vins,   convivialité le mot est usé,  citoyenneté le mot est usé, amour de l’autre,  respect c’est peut être mieux.

Pendant deux jours on a surtout appris à se méfier des mots. 

Participation, mot poison, ne dites jamais participation le pire des mots. 
Création… abominable 
Offre culturelle …jetez ça à la poubelle tout de suite. 
Oeuvre : réactionnaire 
Démocratisation : vieillot 

Alors un naïf  a demandé je remplace ça par quoi ?

Le capitalisme a des laboratoires, des types qui réfléchissent et remplacent les mots :  entrepreneur remplace patron, libéralisme remplace capitalisme etc 

Nous aussi, on a cet énorme chantier à mettre en route. 

Ceux qui faisaient partie de l’atelier “participation “nous étions 34 ont vécu un moment inouï avec Luc Carton.  On a commencé par tuer l’intitulé de l’atelier. 
 Tout a été inventé sur place. 
On  a fait cela dehors, 
on  a fait un grand carré de tables. On a sorti des chaises,  ce qui était interdit, 
 Luc Carton n’avait rien préparé. Il a  dit :  on va commencer par quatorze  questions, ou constat, ou récit. il commentait à travers son logiciel  et  égrenait son  récit de petites fables, presque des haïkus  pour éclairer ce qu’il disait.
Parfois il s’arrêtait. Allez  on prend deux minutes de silence complet pour réfléchir et poser sept nouvelles questions.   
Le salariat, la richesse, la confiance dans l’individu, ne pas prendre les citoyens pour des assujettis ou des consommateurs de mécanismes de pouvoir,  la délibération nécessaire. 
Il est belge ce Luc, il n’est pas comme nous à dénigrer sans arrêt le socioculturel
A la fin il a dit : on se revoit dans un an, pour évaluer le chemin que ce débat a provoqué dans vos cervelles. Quelle justesse de pensée, comment une idée chemine,  le temps.

O miracle, les restitutions des 5 ateliers étaient vivantes et multiples.  
La notion de rapporteur avait été quasiment éliminée.  Tous les participants parlaient, et pour une fois on avait une photographie fidèle de ce qui s’était passé. 

J’aurais trop à dire : l’évangéliste tribun Paul Aries, un bolide, torrent furieux sur la gratuité. La décroissance etc 
et des chiffres : Dépenses de l’armement  1600 milliards or on aurait besoin de 30 milliards en 25 ans pour régler le problème de la faim dans le monde.  

Les maires qui nous prouvent  que tout est possible : le rugbyman de Bessines et Dolus d’Oléron qui racontent leur festival, 
sans oublier Zora le danseur du Cameroun et tout ce qu’il met en place en Afrique. 


Que des ouvreurs de piste… 

Dans le temps j’avais l’impression que la fédé ne parlait que de sous sans arrêt. 

Là, on aurait pu dire que c’était "l’élan” le sujet. 

Ne plus tout attendre des aides publiques, la France est couverte d’initiatives prodigieuses,  mais vraiment il faudrait les énumérer, c’est sidérant tout ce qui se passe. Michto à Nancy , Castera Verduzan, Mesnay  le pudding etc.  Des oasis dans un désert de sourires. 
On pourrait les appeler les saxifrages, ces herbes folles qui sont capables de percer n’importe quel béton. 

Tiens Marie José Mondzain, faudrait l’inviter, elle a théorisé les saxifrages

Les droits culturels, on en fait tous depuis toujours sans les nommer. 

L’absence de chef, un peu partout. Qui c’est le chef des Grooms, du projet D, du collectif du prélude ? d’Annibal  ?   
Je prétends que nous sommes en avance,  que nous préfigurons la société de demain, mais nous ne sommes pas assez préoccupés  de reconnaissance, on nous ignore partout, dans les médias, dans les Ministères.  Nous sommes au bas de l’échelle des financements publics. 

On a fait une petite commission de lois, on  a retenu 7 lois  sur 44 propositions.  Vote à mains levées.  Droits culturels, gratuité , parité Hommes /femmes   Faudra les envoyer au Ministre. 

J’en ai marre, je n’arrive pas à exprimer la richesse de ces deux jours, je cherche une métaphore, un apophtègme pour clore tout ça 

“ Nous avons tous un surplus de culture en nous, mais nous nous auto -censurons, nous pouvons en faire beaucoup plus, devenir auteur, "auteuriser” sortir de notre gangue d’argile, prendre la parole sans qu’on nous la donne”. Luc Carton ( de mémoire) 

écrit le lendemain  de l’UB,   tout est encore trop frais.



JL 






 







 






























 
































 








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