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Re: [rue] spécial Boueb


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  • From: Compagnie Progéniture < >
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  • Subject: Re: [rue] spécial Boueb
  • Date: Fri, 5 Oct 2012 11:48:51 +0200

Comment faire durer le plaisir de la fleur? La langue sans doute. 
Alors l, Nico, je dis oui !!!
Francis

Cie. Progniture
Festival Coule Douce
Festival Thiais Village
La P'tite Dernire Avant l'Hiver
24 bis, rue du Gabon - 75012 Paris
Tel / Fax - 01 44 73 03 93
Mail -  ">
Site - http://progeniture.free.fr





Le 5 oct. 12 10:41, nicolas a crit :

Rimbaud a pass plus de temps sur les routes d'Afrique mettre en place un trafic lucratif,
notamment en vendant des armes, plus qu' crire des pomes. Il en a perdu la jambe et peu aprs la vie. Ses pomes sont en quelque sorte une erreur de jeunesse.

Cette vision de l'artiste qui vit de sa posie, quelle qu'elle soit, est totalement dconnecte du rel.
Van Gogh peignait parce que son frre l'entretenait, Rimbaud a crit quinze ans quand d'autres le nourrissaient, et la liste est longue.

90% du temps les pieds dans la boue pour 10% de posie. C'est en substance la faon dont Brook parle de l'quilibre entre prose et posie dans l'uvre de Shakespeare. Et c'est sans doute pour ces 10% de posie qu'on persvre jongler avec des bouts de ficelle, mais nous sommes faits de chair et nos loyers doivent tre pays et nos assiettes remplies.

Alors, oui je vous suis dans votre propos Boueb comme Jacques: il faut du fumier pour faire pousser des fleurs. Vous parlez juste de la vie, et du rapport entre principe de plaisir et principe de ralit.

Comment faire durer le plaisir de la fleur? La langue sans doute. C'est pour a qu'on crit.
Relisez "La Vieille dame qui marchait dans la mer", du grand philosophe San Antonio, tout y apparat trs clairement...

Ben vouTEs,
Nicolas Soloy


Les Anthropologues
Arts de la rue et spectacles
7 impasse des Chantereines
93100 Montreuil

Tl + 33 (1) 55 86 01 77
Cher Jacques et salut la rue !

Tu dis :

"... j'ai une sensation bizarre, comme si on perdait trop de temps nous interroger sur les bonnes recettes pour trouver des dates de jeu, et que nous devrions dvelopper ensemble nos aptitudes au rve, rver le thtre autrement."


C'est bien cela que je dplore, et c'est ici que je partage mes interrogations. J'essaye de sauvegarder ma demi-heure d'criture par jour, mais, bien souvent, au lieu d'tre dans la posie, je croupis dans la prose (demande de rsidence, de co-production, dossier de diffusion, bilan d'activit, valuation d'action et rflexions partager sur le blog et avec la liste rue).

De quoi pouvait bien vivre Rimbaud ? Sans cachets ni rgime d'assurance chmage. Il est mort 37 ans et a certainement pass plus de temps crire de la posie que nous, et mme que toi Jacques. Tu imagines qu' mon ge il avait dj "assis la beaut sur [ses] genoux". Sans compter que nous avons arrt l'opium depuis quelques annes... Comme disait Boby Lapointe : "j'ai mal vers l'aine".

Boueb

ps : Mon pre vient de m'appeler. A la lecture de mon article, il croyait que je dprimais, pour la simple raison qu'il me pensait pleinement panoui par notre nouvelle cration ("qui fait vraiment du bien" dit il) et esprait que je me pose moins de questions, que cet accomplissement avait assourdi ma colre. Comme quoi, mme nos proche s'inquite quand on est trop honnte. Alors je lui est dis "tout va bien", ce qui est presque vrai.

pps : moi aussi, je dois descendre les poubelles...






> Message du 05/10/12 09:25
> De : "Jacques Livchine"
> A : "Liste Liste rue"
> Copie :
> Objet : [rue] spcial Boueb
>
> Un jour j'ai assis la beaut sur mes genoux , je l'ai trouve amre et je l'ai injurie

>
je ne sais pas pourquoi cette phrase de Rimbaud me vient en lisant Boueb. 

>
Est ce que la rue n'est pas en train de tourner au communautarisme ?  J'entends Boueb qui parle de 1600 personnes inscrites sur cette liste ? On a nos codes, nos valeurs, notre uniforme, et ventuellement une petite boucle d'oreille discrte.  Nous sommes une petite communaut, avec ses qualits, et ses dfauts. 

>
Boueb s'attaque discrtement au "pourquoi on fait du thtre" ? 

>
Boueb a des bonnes notes partout pour la grve du crime  :   il a une histoire, un esprit, une dramaturgie, son propos fait rflchir, il est un tantinet absurde, mais pas tant que a, c'est une criture contemporaine, il a des vrais comdiens, j'entends  "vrais" car capable de crer des personnages et de dire des textes, donc des pros du thtre,  il gre l'espace public, pour de vrai, on voit , on entend,  il arrive faire rire un conseiller -thtre, il note  sur son site toutes les bonnes apprciations,  il garde le public jusqu'au bout, il se sert des fentres de la rue, il fait des changements de personnages assez sophistiqus , parfois il fait mme une scnographie tour de France. ( le public en longueur des deux cts de la rue,  rarement utilis. ). 

>
Il met comme nous tous son "travail" sur le march, et il attend. 

>
Faire du thtre ce serait donc crer, trouver les rsidences, le financement , puis prsenter ceux qui peuvent t'acheter, et puis vendre. 

>
Les Grooms , j'entends dire a, n'ont jamais autant vendu. C'est mon fils Christophe qui fait a. Il a son bureau dans la cave  de
 sa maison de Malakoff,  il a un super fichier, il sort un dpliant, une carte postale par an avec ses dates, Et les demandes affluent. "La bonheur est dans le chant"  n'est pas vident vendre, il faut un reprage assez pointu,  squatter des fentres, avoir le calme, il faut une chorale locale avec des rptitions,  un gros 4X4,  une  chambre single par acteur, ils sont dix je crois. 
Il y a du texte, de la musique, du contenu. Ils ont des  solides chanteurs, des cuivres aguerris, ils jouent par coeur des musiques complexes, ils ont Pierre Samuel, excellent acteur, ils ont un auteur, Eugne Durif,  ils n'ont quasiment rien gard du texte, mais il a t utile pour la structure,  il y a au moins huit squences.  A l'tranger, ils jouent en Anglais.  Ils ont fait des tournes internationales nous faire baver d'envie.  

>
Mais voil, je cherche le sens de tout a. J'ai souvent l'impression que nous ne sommes que des prostitues, nous faisons des passes, certains beaucoup d'autres moins. 
Les contacts avec les lieux d'accueil sont souvent sommaires, notre enjeu est mince. Faut que a marche, que l'organisateur soit content que le public soit content ,que chaque reprsentation gnre de nouvelles dates, que chaque acteur renouvelle son statut.  Et puis comme a c'est bien, sauf que j'ai l'impression de tourner en rond.  

>
Alors un  jour l'Unit on en a eu marre. On avait la sensation de s'appauvrir en jouant trop, les contacts taient trop brefs, donc on s'est mis assortir nos reprsentations de stages pour rencontrer les gens de la ville,  pour ne pas rester qu'une seule journe. Donc notre spectacle tait prcd de brigades de rue mains nues.  

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Et puis mme a, cela ne nous suffisait plus, alors a commenc l're du "bottom up" .  Partir du bas et monter. On avait besoin de rencontrer les habitants, les gens et de construire des oprations et des pices partir de leurs paroles. On s'est lanc dans "les rues extraordinaires" ou "les 80 ans de ma mre".  Cela nous a passionn. 

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>
Je ne vais pas raconter toute ma vie. J'ai besoin des tournes, a are, a nous fait parcourir le pays, mais j'ai besoin en mme temps d'oprations plus importantes qui s'adressent la ville toute entire ou de grands dfis, comme l'taient les rveillons des boulons, ou la caravane passe en A.   

>
La Franc- comtoise -de -rue, fabriquer un repas utopiste douze compagnies,  a a t une belle exprience, sauf qu'on a oubli de vendre nos spectacles Chalon

>
Pourquoi je dis a Boueb, parce que j'ai une sensation bizarre, comme si on perdait trop de temps nous interroger sur les bonnes recettes pour trouver des dates de jeu, et que nous devrions dvelopper ensemble nos aptitudes au rve, rver le thtre autrement. 

>
Sans arrt je m'interroge sur mes objectifs. Les festivals c'est bien, mais j'ai besoin d'un autre chantier en mme temps. Macbeth en fort, c'est excitant,  on fonce tte en avant, on n'a pas encore la production, mais le dsir est si fort que personne ne pourra nous arrter. Nous voulions faire un spectacle sans s'enfermer dans les pages d'un dossier de vente A 4, cela ne sera pas possible. sans A 4 , pas d'argent. A 4 c'est le format, puis on choisit spirales ou agrafes.  On s'en fout, on le jouera, on 1 date le 31 mai et 3 lieux intresss.

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Je sais , je dblatre, je divague, c'est ma manire d'avancer, de perdre du temps, alors que je dois faire un flyer pour les cours de thtre d'Herve, que je dois aller chercher du combustible de chauffage pour Vania pour la sance  de Cergy, que je dois remplir une demande d'aide la production, un plan d'auto- valuation pour ma Drac, porter les poubelles et conclure. 

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Alors,  je termine :  dans la vie, il y a la prose et la posie, mais si on ne reste que dans la prose, on ne vit plus, on croupit.. 

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Jacques Livchine
metteur en songes 

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Le thtre de l'Unit c'est toujours autre chose

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